Maria Sabina, Mary Sabina, Marie Sabina

Vidéo, couleurs, mono, 12’44”, 2019-… (projet en cours).

Vues d’installation des recherches en cours, L’infâme carré sémiotique de A.J. Greimas, le Metaxu, Toulon, 2019.

Maria Sabina, Mary Sabina, Marie Sabina est un projet en cours pour une pièce vidéographique composée, d’une part, d’une présentation d’images visibles à la lampe UV, et, d’autre part, d’un texte énoncé en voix off qui articule analyses d’images, éléments historiques et théoriques à partir de différentes représentations du XVIIIe et XIXe siècle ; Des portraits de Maria Sabina, jeune fille née en 1736 en Colombie, atteinte de dépigmentation de la peau.
S’appliquant aux interrogations de l’anthropologie visuelle, Maria Sabina, Mary Sabina, Marie Sabina tente de retracer les contextes d’usages et les déplacements épistémologiques des portraits de la jeune fille dans l’histoire de l’art et des sciences naturelles.
Combinant elle-même représentations et discours, cette pièce s’interroge sur la façon de montrer ces portraits  quand autant de récits en image au XVIIIe et XIXe siècle ont participé à la conquête des corps par le regard et la visualisation*.

* Anne Lafont, L’art et la race – L’Africain (tout) contre l’œil des Lumières, Les Presses du réel, Paris, 2019, p. 31

Visible Earths

Essai filmique constitué de plusieurs vidéos 2018-… (projet en cours).

Visible Earths est un essai filmique constitué de plusieurs vidéos autonomes. Son objet d’étude principal est une carte composite globale appelée communément “Night Lights” ou “Black Marble”, publiée en 2017 par la NASA. Celle-ci donne lieu à de multiples utilisations par la culture populaire ou par la recherche dans les domaines de l’économie, des sciences sociales et de l’environnement.
Le CNRTL définit la planète comme “un corps céleste non lumineux gravitant autour du soleil” ; Les présences lumineuses sur la carte font signe des relations entre les activités humaines et l’écosystème terrestre. Que penser alors de la définition du CNRTL aujourd’hui ?
Visible Earths s’approprie les images aériennes et interroge comment celles-ci produisent un basculement dans l’ordre des représentations de la planète et plus largement des mondes qui la composent.

.. / Dans les mondes sans soleil, on troque des pages blanches contre des fonds verts

Vidéo, couleurs, muet, 1’44”, 2021.

Vue d’exposition en ligne, Rayon vert, collectif Fernrohr, 2021.

Cette pièce est un enregistrement vidéo d’écran d’ordinateur lors d’un dézoom sur l’animation 2D du site Google Earth, La terre de nuit. La séquence interroge cette animation dans sa capacité à produire une certaine histoire du maillage entre techniques de représentations et projections idéologiques.

Par choix ou à défaut technique, les images se lisent par strate à la fois mêlées et en rupture les unes avec les autres. Ici, réside un état de trouble dans la représentation numérique. Quand un monochrome blanc apparait et est perceptible partiellement du début à la fin, que représente-t-il ? Un fond blanc, le jour, des pixels, des lumières artificielles, un espace vierge ?

La séquence ne situe pas un lieu physique, n’use pas de la carte pour ses repères. Ce sont ses dernières images qui justifient le choix de ce lieu virtuel. Ses dernières images qui ciblent le manque de la représentation numérique : les pixels verts.

Fragment du projet Visible Earths, cette vidéo s’enquiert des usages du territoire comme d’une carte, de la terre comme d’un décor ; Dans les mondes sans soleil, on troque des pages blanches contre des fonds verts.

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.. / Sparkling Park

Vidéo, couleurs, stéréo, 2’17”, 2020.

Vue d’exposition, Pleins Feux, Super 18, Paris, 2020.

Sparkling ParK est une métaphore dystopique dans laquelle l’habitat terrestre est un parc insulaire depuis les yeux numériques des satellites Suomi NPP.
Un déplacement visuel balaie la peau numérique de Black Marble (NASA, 2016-17), expose les pixels qui construisent l’image. Ces derniers sont traduits en une composition sonore par un programme et constitue la partie instrumentale de la bande son. À ces deux strates, se superposent des extraits du livre « Le ParK » de Bruce Bégout lu par un Text-Reader. Sans figuration nécessaire, ce sont ces types de langages, de codes, de données numériques qui observent, reconnaissent, évaluent et modélisent la terre ou particulièrement ici l’anatomie secrète du ParK.
Tel un virus mutant les données numériques se propagent jusqu’à formaliser la terre comme un lieu clos sur lui-même.

Cette vidéo est un des fragments du projet Visible Earths.

/EN/
Sparkling ParK is a dystopian metaphor. Terrestrial environnement is an island park from the digital eyes of Suomi NPP satellites.
The visual move scans across the skin of Black Marble (NASA, 2016-17), exposing pixels that build the image. Those pixels are translated into sound composition through a software. This constitutes the instrumental part of the soundtrack.
The second part incorporates extracts from the book “Le ParK” by Bruce Bégout read by a Text-Reader software. With useless figuration, these types of language, code, digital data observe, recognize, evaluate and design the earth or in this case the secret anatomy of the ParK.
Like a mutant virus, digital data spreads to shape the earth only as a zone closed on itself.

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.. / Visible Earths

Vidéo, couleurs, muet, 167′, 2018

Extrait 21″

Grille de classification des zones des plus lumineuses au plus obscures

Visible Earths est une installation vidéo, un fragment de l’essai filmique éponyme. Black Marble (NASA 2016-17) fait l’objet d’un inventaire pour quantifier les différentes intensités lumineuses par zone. Cette opération se déchiffre via un document qui prend part à l’installation, une grille de classification. Il s’agit d’une carte particulière qui permet d’identifier le processus par lequel le déplacement virtuel de la vidéo s’effectue. Mais le balayage visuel sans coupe, en plan séquence contrarie l’analyse ordonnée des zones des plus lumineuses aux plus obscures. Également les zoom et dé-zoom dans l’image génèrent des pertes de repères visuels.
Visible Earths opère un glissement d’usage des outils épistémologiques ; opère une contre-pratique de la grille d’analyse afin de mettre en crise l’ordre des discours dans la représentation.

Alors, j’appelle “image” ce qui s’arc boute encore sur une expérience de la vision et “visuel” la vérification optique d’une procédure de pouvoir quel qu’il soit (technologique, politique, publicitaire, militaire), procédure qui n’appelle, pour tout commentaire, qu’un “reçu cinq sur cinq”. Évidemment, le visuel concerne le nerf optique, mais ce n’est pas une image pour autant. La condition sine qua non pour qu’il y ait image est, je pense, l’altérité.

Serge Daney, Avant et après l’image, dans Revue d’études Palestiniennes, n°40, été 1991.

Yellow corner

Vidéo HD, couleurs, muet, 76’41’ ‘, 2017.

Extrait 33″

Yellow corner est une vidéo tournée à Chiang Mai devant l’entrée d’un club sur une place où les locaux et les touristes se retrouvent.
Image par image, les photogrammes de la vidéo déstabilisent la représentation du mouvement. La vitesse des stroboscopes fabriquent des ambiances ou environnements lumineux différents sur chaque photogramme.
Sur la durée du film, plusieurs séquences sont assemblées et ralenties à 1 images/2secondes. D’autres assemblages de séquences se superposent sur les précédentes à 25 images/Seconde.
Les photogrammes, les uns après les autres se lisent moins comme une décomposition du mouvement, plutôt comme des inserts photographiques. Ce type de composition relève les écarts entre deux images et altère la ligne de temps passé, présent, futur.

et1, 2, 3et4

Vidéo HD, couleurs, stéréo, boucle, 2’38’ ‘, 2014.

Extrait 29″

Vue d’exposition, la Galerie du Globe, Toulon, 2014

Visuel du carton d’exposition, la Galerie du Globe, Toulon, 2014

Dans le cadre d’un cours de danse amateur, l’enseignante s’exerce à l’amélioration de ses compétences pédagogiques suivant les méthodes communiquées dans les écoles de danses.
L’enseignante doit transmettre le rythme à l’aide de chiffre, nomme les mouvements et indique la musicalité par le ton de la voix et la vitesse de diction, cela au même moment.
La multiplicité de ces actions rend difficile les facultés cognitives de l’enseignante et des élèves, agit au détriment de la synchronisation des mouvements du corps au tempo de la musique.
À partir d’un premier plan séquence combinant audio et vidéo, un second enregistrement audio est élaboré proposant à l’enseignante seule de refaire son cours en studio – toujours en utilisant les méthodes des cahiers de la pédagogie* -.
Au vue de la difficulté de l’exercice, l’enseignante ne peut s’accorder au tempo de la musique utilisé dans son cours. Un travail de post-production replace les dénominations rythmiques sur le tempo de la musique initiale.

*L’éveil et l’initiation à la danse, Centre national de la danse, cahier de le pédagogie, décembre 1999.

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La route du sel

Vidéo HD, couleurs, muet, 24’28’ ‘, 2014.

Extrait 31″

La route du sel est une vidéo filmée à Hyères dans une voiture en mouvement. Elle présente trois environnements différents sur la même portion de territoire, modelés, construits et utilisés par l’homme.
La route choisie pour réaliser cette vidéo se situe aux limites de chaque espace, en bordure de mer, en bordure des salins jusqu’au parking visiteur d’un parc d’attraction (Magic World).
Ces lieux mêlent une fréquentation élevée par l’activité touristique et une réserve naturelle protégée.
Le dispositif de filmage est constitué de deux pieds vidéo, d’une camera et d’un miroir, positionnés à la place passager d’une voiture.
Ce dernier permet l’enregistrement d’une image divisée en deux vues divergentes : une vue filme une partie du champ au devant du pare-brise tandis que l’autre présente une vue par la vitre latérale ainsi que le reflet de la caméra. Une impression d’allure différente d’une image à l’autre considère comme un double regard provenant d’une seule source.

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“Turn your back to the front seat”

Vélodrome

Vidéo HD, couleurs, mono, boucle 18’39’ ‘, 2014.

Extrait 30″

Un cycliste s’entraine pour battre un record avec son entraineur particulier sur une piste de course dans un vélodrome. Le coureur doit garder durant cet exercice une vitesse régulière, l’entraineur à l’aide du sifflet lui donne un ordre sonore, l’avertit du temps à parcourir sur un tour de piste. Son déplacement linéaire et répétitif sur le chemin circulaire du vélodrome signe une posture mécanique, automatisée.
Une machine légère, approximativement au centre du vélodrome, a été conçut pour faire tourner une camera à 360° sur environs 3mn/tour.
Ce dispositif mécanique constitue son propre mouvement, sa durée, son « regard ».
La prise de vue à rebours du déplacement du coureur contrarie son activité et interroge la disposition d’un sportif de haut niveau à s’objectiver en vue du dépassement de ses propres limites.

Hyènes

Vidéo HD, couleurs, stéréo, boucle 20’09’ ‘, 2014.

Extrait 31″

Dans un site de reproduction, une camera sur pied filme deux hyènes mises en exposition dans une cage. Sur la séquence en plan fixe, trois attitudes sont repérables dans le comportement des hyènes.
Dans un premier temps, elles se positionnent en avant du plan, presque immobiles, perplexes face aux regards de leurs spectateurs. Dans un deuxième temps l’une d’entre elles amorce un mouvement de coté, répétitif, presque chorégraphié jusqu’à perpétuer ce motif en avant du plan dans un troisième temps.
Ce type de comportement chez l’animal pourrait être le symptôme d’une stéréotypie. Ce caractère déviant se manifeste par des séquences comportementales incongrues, répétitives et sans signal d’arrêt.
Entre chacune des trois attitudes deux secondes d’images noires sont insérées. Ce découpage du plan séquence déstabilise la suture idéale entre la prise de vue et l’œil du regardeur, propose à ce dernier de sortir quelques secondes du film.

Cuisinier

Vidéo HD, couleurs, stéréo, boucle 15’05’ ‘, 2013.

Extrait 30″

Cuisinier est un plan séquence, où l’on peut voir un cuisinier intercalé entre deux plans de travail, qui prépare des frites dans la cuisine de son restaurant. Fixe, le cadre de la camera permet d’observer les gestes du cuisinier, l’utilisation d’outils ou de machines ainsi que son attitude dans cet environnement organisé et rationalisé en vue d’une production efficace.
Ici les gestes sont quotidiens, répétés, automatisés.
Deux parties de l’image vidéo originalement jointes sont séparées par une opération effectuée en post-production, laissant apercevoir un nouvel espace : celui de la projection.
Cette séparation trouble la lecture des gestes, cependant des repères sont fabriqués, les gestes sont contraints à la traversée de l’espace, à l’arrêt, à la déformation. Là où l’œil du spectateur est aussi contraint, n’acceptant pas le vide fabriqué, il tente de reconstruire l’image, de réajuster les deux parties. L’échelle du personnage, sa morphologie dans l’environnement, ses gestes, ses outils sont affectés.
Cette intervention sur la bande vidéo met en crise l’autorité d’un seul point de vue et l’autorité de l’image entant que totalité.

Under 10

Vidéo HD, couleurs, muet, boucle 6’23’ ‘, 2012.

Extrait 30″

Under 10 est un split screen de trois prises de vue d’un entraînement de foot d’enfants de 10 ans sur un stade en hiver, à la nuit tombée.
Leur entrainement est constitué de trois exercices : une mise en situation de match, un exercice de tir au but et un exercice de passe entre les joueurs.
La camera, lors de la prise de vue est à quelques centimètres du sol, de sorte que le terrain soit au premier plan et que l’on puisse apercevoir les joueurs dans le cadre -donne de la présence aux corps dans l’espace mais ne peut considérer l’individu-.
Chaque prise de vue cadre un exercice. Les trois prises sont assemblées par un split screen qui met en jeu différentes actions et temporalités. Les trois écrans sont associés par une ligne « d’horizon » délimitée par le terrain et les murs en arrière plan.

INSTALLATIONS

2/2 3/2 4/2 8/2

Installation, peinture rose, 2×110 cm², diptyque photographique, photographie, 2019

Vues d’installation, l’infâme carré séiotique de A.J. Greimas, Metaxu, Toulon. ©Alexandre Minard

2/2 3/2 4/2 8/2 est composée de deux carrés de peinture rose qui présentent respectivement un diptyque photographique et une photographie retouchée.
Dans le premier carré, une image d’un troupeau de vaches au sol qui, statique, se confond avec les minéraux du paysage. À ses côtés, une image d’une ville la nuit. Les deux photographies, comme deux ordres distincts à priori – le premier naturel et le second artificiel – se réfèrent l’une à l’autre, comme proches depuis leur composition dans l’espace de la représentation.
En référence à la formule du carré sémiotique, ces deux images se présentent comme A et B, légèrement décalées de leur fond et au nombre de deux sur quatre. Celles-ci appellent les images manquantes non A et non B qui s’offrent comme espace de construction imaginaire. C’est dans cette même perspective qu’une autre photographie strictement noire et blanche d’un troupeau de vaches est présentée seule dans le deuxième carré. 2/2 3/2 4/2 8/2 invite le spectateur à fabriquer d’autres récits dans les espaces présents et manquants du carré sémiotique.

L'impossibilité d'une île

Épreuve en résine d’un sac à dos de voyage, palmier gonflable, peinture bleue, 2018.

Vues d’exposition, Kind of Kin, Metaxu, Toulon, 2018.

L’impossibilité d’une île présente deux objets distincts dans leur forme et leur façon. Un palmier en plastique s’érige aux cotés de l’épreuve en résine d’un sac à dos de voyage.
Entre le ready made industriel et la production d’un objet artisanal marqué par les accidents de sa réalisation un frottement sémiologique s’opère. Si les réseaux de signes et de représentations permettent de s’extraire du réel pour mieux filtrer et maitriser l’existant, les artefacts présentés font retour sur un état de l’existant au caractère dystopique.
Symbole du déplacement physique, du voyage, le sac à dos se présente dans une réification sculpturale tandis que le palmier, symbole d’un désir d’exotisme témoigne de sa production rapide, massive et délétère. Ces derniers interrogent les désirs d’émancipation à partir de conduites artificielles.

Plateaux

Installation vidéo, couleurs, stéréo, 27’58’ ‘, 2016.

Vidéo HD, couleurs, stéréo, 28’39’ ‘, 2016.

Extrait 1’04”

À gauche images du split screen projeté sur les miroirs. À droite les images surimposées l’une sur l’autre. Résultat du processus d’installation.

 Vues d’exposition, Within the Returned Gaze, le Pressing, la Seyne-sur-mer, 2016

Par intermittence sur une durée de huit mois et dans trois lieux différents, une caméra sur pied placée à la frontière d’un plateau de théâtre et des sièges des spectateurs enregistre les déplacements des corps, les paroles apprises ou intempestives des comédiennes, du metteur en scène, des techniciens.
La mise en scène prenant le parti du grotesque, les archétypes, les spécificités du théâtre, du genre et le caractère artificiel de la représentation se renforcent. Des formes typologiques se prononcent.
Afin de proposer un autre regard sur les unités typologiques produites par les corps lors des répétitions, j’ai élaboré un travail de montage dirigé par l’idée de renoncer à une évolution narrative émise par une qualité supposée du travail des comédiennes. Il s’agit de désassembler les invariants qui s’inscrivent à l’image suivant deux techniques : la superposition d’images et le principe du montage à contrepoint d’Artavazd Pelechian.
Un premier montage vidéo joind les séquences deux par deux sur le modèle du split screen. Tandis qu’un deuxième montage est effectué dans l’espace de l’exposition : un vidéo projecteur diffuse le split screen sur deux miroirs positionnés à un angle convenue.
La fonction des miroirs est de renvoyer la lumière du vidéoprojecteur sur un écran, ainsi les deux images du plit screen se lisent sur un seul et même plan, surimposées l’une sur l’autre.

Le héros à l'aile

Installations vidéo, couleurs, muet, boucle 100’56”, 2016, 2019.

Vues d’exposition, L’infâme carré sémiotique de A.J. Greimas, le Metaxu, Toulon, 2019. ©Alexandre Minard

Vues d’exposition, Within the Returned Gaze, le Pressing, la Seyne-sur-mer, 2016

Le héros à l’aile est une gravure à l’eau forte sur zinc de Paul Klee de 1905. Au début de sa vie Paul Klee entame une série de gravures dont les figures sont des personnages mythologiques singuliers.
Le héros à l’aile est «un personnage né avec une seule aile d’ange, contrairement aux autres êtres divins, s’efforce infatigablement de prendre son essor. Ce faisant, il se brise bras et jambe, mais n’en persévère pas moins dans son idée»*.
La pièce éponyme est une vidéo d’une séance de tatouage reprenant la figure du héros. Dans sa version de 2016, la vidéo est projetée dans un caisson en carton bois et insérée entre deux miroirs dont un sans tain. Cette installation permet d’obtenir le reflet d’images projetées, se reproduisant à l’infini en direction du sol. En 2019, une installation de la vidéo enserrée entre deux miroirs dont un sans tain sur les bords latéraux propose une reproduction des images à l’infini vers le côté droit, dans une tentative de visualisation de l’aile manquante du héros.

* Paul Klee, Journal 595, Bern, 1905

Autofilmages

Installation vidéo, couleurs, stéréo, boucle 18’34’ ‘, 2015.

Vues d’exposition, la Galerie du Globe, Toulon

Afin de perfectionner ces mouvements, de mémoriser ses chorégraphies, une danseuse utilise l’enregistrement de l’image et du son.
Elle positionne la caméra face à elle, à la manière d’un miroir qui la reflète dans une salle de danse.
Onze séquences de courtes durées sont récupérées et vidéo-projetées sur un miroir qui altère la direction de la projection ainsi que la qualité visuelle des images vidéographiques. Dans l’espace d’exposition, d’un côté l’image projetée, le miroir au centre, de l’autre se dessine son ombre.
Autofilmages interroge le sujet dans sa capacité à se construire face à la flexibilité ou souplesse formelle des images ; “qu’apporte celui qui regarde à sa façon de regarder” * ?
La danseuse fabrique ses mouvements en relation directe avec son reflet, le corps s’objective, se travaille comme un outil à perfectionner. La bande son s’appréhende comme un décor sonore, impliquant l’artificialité de son usage.

* Une conversation avec Martha Rossler, Benjamin Buchloh, Sur/Sous le pavé, éditions presses universitaire de Rennes, Bonchamp-Lès-Laval, 2006

* Une conversation avec Martha Rossler, Benjamin Buchloh, Sur/Sous le pavé, éditions presses universitaire de Rennes, Bonchamp-Lès-Laval, 2006

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Coureurs

Installation vidéo, couleurs, mono, boucle, 2012.

Vues d’installation

Coureurs est une installation de trois vidéos qui montrent un même espace, une salle de Fitness filmée d’un même point de vue, à des moments différents. Chacune des trois vidéos donnent à voir un plan de la salle de fitness, et un plan d‘une personne qui court sur un tapis mécanique.
Ici, le réglage du tapis estime la durée de la course à environs quinze minutes pour chaque coureur, cette durée s’applique à chaque séquence.
Lors de l’installation, les trois vidéo-projections s’ajustent sur une ligne dessinée en arrière plan de la salle de Fitness, faisant apparaître une continuité structurelle entre les images.
La salle de sport est un espace collectif et privatif, les individus prennent le temps de se consacrer à leur forme physique. Cet espace est divisé en plusieurs aires dédiées chacune à un type de machines que chaque usager choisit d’occuper selon la ou les parties du corps qu’il souhaite façonner.
Ces caractéristiques régulent et organisent les relations entre les individus dans la salle de sport. Cet espace paradoxal est à la fois le lieu de sociabilité collective et l’organisation d’un espace exclusivement individuel, sans mur, les machines décomposent l’espace, le groupe et le corps.

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PIÈCES SONORES

L'appel

Pièce sonore, stéréo, boucle 31″, 2013

L’appel est une pièce sonore dont l’enregistrement a été effectué dans une classe de CP au moment de l’appel des élèves. Il s’agit d’un procédé quotidien mis en place afin de prendre connaissance de la présence ou de l’absence des élèves en classe. L’appel donne à entendre le rythme soutenu du maitre lors de l’énumération des prénoms des enfants ; les réponses, les bruits et gestes de ces derniers, le déplacement des chaises, des objets, signe d’une communication non verbale.
Nommer quelqu’un c’est le faire exister, mais c’est aussi en nommant réifier celui qui vient d’être appeler.
Cette pièce interroge les relations de l’individu à son environnement, aux prémices de ses interactions sociales, ici pour les élèves qui débutent la formation de leur singularité dans les relations normées du cadre scolaire.

Coiffure

Installation sonore, boucle 13’11’ ‘, 2013.

Coiffure est une pièce sonore qui propose une description des différentes étapes de coiffure lors d’une coupe, d’un shampoing et d’un brushing.
Un texte original a été enregistré par une coiffeuse professionnelle qui enseigne dans une école de coiffure.
D’après ce premier énoncé, deux textes ont été travaillés afin de trouver d’autres formulations verbales, dans une traduction fidèle au propos de la coiffeuse.
La pièce met à disposition trois textes énoncés par une même voix féminine sans lien avec le métier de coiffeuse. La traduction est de l’ordre d’une parole à une autre, d’une langue à l’autre.
Quels sont les écarts entre les langues et comment agissent t-elles sur la transmission d’un geste ? Coiffure interroge les manières de dire et les réalités tissées par celles-ci.

2 Verticales

Pièce sonore, mono, boucle 2’47’ ‘, 2012.

Extrait 29”

Vue d’exposition, Up to date, Musée d’Art, Toulon.

2 Verticales est une pièce sonore qui propose l’écoute d’une description des mouvements effectués dans une voie d’escalade, par la langue spécifique à ce sport.
La durée de la bande est déterminée par la durée de l’effort physique en adéquation avec la durée de la description verbale. Le grimpeur visualise un geste parfait et doit adapter son corps à cette représentation.
Un geste est fugitif, sa représentation nécessite souvent un arrêt sur image. 2 Verticales ne présente ni arrêt, ni image. Le spectateur peut faire appel à son imaginaire pour se représenter ce qu’il entend, cependant le vocabulaire technique est sortit du contexte auquel il fait référence, un écart s’opère entre ce qui est énoncé et l’image qui se fabrique dans l’esprit du spectateur.

OBJETS

PotlaTch

Impression de Potlatch (1954-1957) de l’Internationale Lettriste, document numérique réalisé par Yves Le Bail à partir des Éditions Allia (1996) et des Éditions Gallimard (2006), 174 pages, 2018.

Vue d’exposition, Potlatch, La déviation, Marseille.

Potlatch est une revue éditée de 1954 à 1957 par l’Internationale Lettriste. Celle-ci est distribuée gratuitement aux lecteurs, tous textes «peuvent être reproduits, imités, ou partiellement cités, sans la moindre indication d’origine»*.
En 1996 et 2006, les éditions Allia et Gallimards ont distinctement édité une compilation des numéros de la revue, instaurent une valeur marchande à cette dernière. Afin de redistribuer celle-ci dans le domaine publique, Jean-Yves Le Bail produit une version électronique téléchargeable.
Potlatch tente de prolonger le geste de Jean-Yves Le Bail, réactive les textes de la revue et l’esprit de l’I.L par la réappropriation du document et sa diffusion en version numérique ou imprimée.
Le document est donné après chaque utilisation selon le principe du don, potlatch. S’inscrit sur la page de couverture et la deuxième page chacune des diffusions de la revue, chaque évènement augmente l’historique des dérives de cette dernière.

Engage le jeu que je le gagne

Miroir, lettres adhésives, 2018.

Vue d’exposition, Potlatch, La déviation, Marseille.

Engage le jeu que je le gagne est un palindrome inscrit sur un miroir avec une typographie particulière. Le palindrome est un groupe de mots qui peut se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche.
Engage le jeu que je le gagne propose au spectateur un exercice du regard égal dans un sens ou dans l’autre de la lecture. Chaque lettre de la typographie -sur une base de “Futura” retravaillée en superposition miroir- se structure par symétrie axiale verticale.

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PROJETS DE RECHERCHE

Kind of Kin

Projet de recherche et de création collaboratif, 2018-… Avec Lucie Beguin, Vidya-Kelie Juganaikloo, Antoine Proux, Axelle Rossini et Ida Simon-Raynaud.

Visuels des expositions Kind of Kin et L’infâme carré sémiotique de A.J. Greimas.

Kind of Kin : “sortes, types de parents, de proches, de présences” ou dans un medley d’allemand et d’anglais : “enfants de parents”, “enfants de proches”.
Construit par ses membres à voix égale, Kind of Kin est un projet de recherche et de création indépendant qui se concrétise sur le long terme.
Entité malléable, celui-ci tend à multiplier ses formes au cours du temps, des espaces et des rencontres. S’inspirant librement d’un article de 2015 de Donna Haraway, Kind of Kin sonde l’héritage des générations précédentes, écarte, s’approprie et réinvente des idées et des gestes qui nous ont été transmis.
Comment nos manières d’habiter et de produire des corps, des objets, des espaces et des idées font-elles retour sur nos modes d’existence ? S’appuyant sur des états de fait ou empruntant le détour de la fiction, les œuvres, objets et formes du projet fabriquent d’autres échelles, d’autres récits et d’autres refuges.

LE Réseau cinéma des écoles d'art

Le Réseau Cinéma en écoles supérieures d’art est un programme fédérateur, constitué depuis 2015 par des enseignant.e.s, artistes et théoricien.ne.s de plusieurs écoles supérieures d’art en France.

Visuels des évènements du Réseau cinéma des écoles d’art.

Le Réseau Cinéma a été constitué en 2015 par des enseignant.e.s, artistes et théoricien.ne.s de plusieurs écoles supérieures d’art.
Il a pour objectif de produire des formes d ‘expérience et de connaissance collectives depuis, avec et sur le cinéma considéré comme outil et objet de la recherche.
Dans une première phase (2016-2018) nous avons interrogé l’autorité des muséographies ethnographiques et ordres paysagers des jardins tropicaux en prenant appui dans la pensée d’Achille Mbembe et son idée d’oeuvrer pour un lieu autre, un antimusée qui à l’inverse de l’emprise du musée ethnographique et colonial, permet à l’hospitalité radicale d’advenir :
«Lieu de refuge, l’antimusée se conçoit également comme un lieu de repos et d’asile sans conditions pour tous, les rebuts de l’humanité, les “damnés de la terre” , ceux-là qui témoignent du système sacrificiel qu’aura été l’histoire de notre modernité — histoire que le concept d’archive peine à contenir »∗.
Pour son programme actuel, le Réseau Cinéma souhaite poser les bases de différents axes pour interroger et inventer des formes collaboratives.

… / Participation aux évènements – Ghost DanceQu’est-ce qu’un espace blanc, figure de l’absent ?Scénario pour un anti-musée ethnographique -. Conception et réalisation du site web du Réseau Cinéma des écoles d’art.

Projet Zombiologie

Le projet Zombiologie s’inscrit dans le cadre du projet de recherche Égalité, Hybridité, Ambivalence de l’EsadTpm sur 2015-2016. Il comprend les recherches menées sur une année par Anaïs Dormoy et Axelle Rossini, 2015-2016.

*La nuit des morts-vivants, Georges A. Romero, 1968, extrait.

Dans le cadre de l’exposition Within the Returned Gaze au Pressing, est organisé une rencontre aux Beaux Arts de la Seyne-sur-Mer avec Marie Adjedj, Maëlle Charpin, Anaïs Dormoy, Lauren Lenoir, Johanna Giarcardi et Axelle Rossini.
Pour cette journée-rencontre le projet zombiologie présente une étape des recherches en cours sur la figure du zombie et du mort-vivant.
Du zombie réel au zombie néolibéral en passant par le zombie moderne, qu’il soit réel ou fictif, comment cette figure symptomatique nous informe sur les sociétés qu’elle traverse ?

ÉGALITÉ, HYBRIDITÉ, AMBIVALENCE

Projet de recherche de l’ESAD TPM 2015-2016.

Visuel de l’exposition Things Not Necessarily Meant to Be Viewed as Art, Vidéochroniques, Marseille

Hors-Champ, une après midi ambivalente, présentation des recherches, Béton-Salon, Paris.

Dans le cadre de sa Plateforme Recherche « Passages », l’école développe un projet de recherche intitulé : Égalité, Hybridité, Ambivalence.
L’enjeu principal de ce projet de recherche est de tracer les généalogies, les déplacements, les migrations, les liens théoriques et les œuvres entre ce que nous pouvons appeler, d’un côté, un principe d’égalité comme principe éthique, politique et esthétique, et les notions telles que l’hybridité, l’ambivalence et le décentrage de l’autre.